A la demande de notre évêque, avec tout le diocèse, nous sommes invités à (re)découvrir et à contempler le Sacré-Cœur de Jésus, jusqu’à la solennité de sa fête, le 12 juin prochain, notamment à partir de l’encyclique que lui a consacré le Pape François : « dilexit nos ».

Voici plusieurs propositions, pour vivre ces prochains mois de façon personnelle, en famille et en communauté, avec le Sacré-Cœur. D’autres suivront, proposées par l’E.A.P et les prêtres du Doyenné !

 « Jusqu’au vendredi 12 juin 2026, je vous propose de prendre le temps de contempler le cœur de Jésus et d’en approfondir le sens et la fécondité, non pour ajouter des pratiques de dévotion, mais pour que toutes nos initiatives pastorales soient toujours habitées par la confiance renouvelée dans l’amour du Seigneur et le désir de conduire à lui. » Mgr Nicolas BROUWET

  • Quelle est l’origine de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ?

 Ce 27 décembre 1673, dans une petite ville du Charollais en Bourgogne, Paray-le-Monial, sœur Marguerite-Marie Alacoque prie dans la chapelle du couvent de la Visitation. Rien de surprenant pour cette religieuse, dont la vocation est d’adorer de longues heures devant le Saint-Sacrement. Mais en ce jour de la fête de saint Jean, le disciple dont la tradition a rappelé qu’il avait reposé sur la poitrine de Jésus lors de la dernière Cène, la religieuse vit une expérience mystique qui va transformer son existence. Comme Jean, Marguerite-Marie repose longuement sur le cœur de Jésus. Le Seigneur lui dit : “Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen”.La sainte a aussi la vision du cœur de Jésus surmonté d’une croix sur un trône de flammes, entouré d’épines. Enfin, le Christ lui demande son cœur, le plonge dans le sien, et le lui rend tout embrasé.

À la suite de cette apparition, deux autres majeures vont avoir lieu. En 1674, Jésus demande à Marguerite-Marie de l’aimer pour ceux qui ne l’aiment pas, par deux actes de réparation : la communion, le premier vendredi de chaque mois, et la prière de l’heure sainte, le jeudi soir, en union avec son agonie à Gethsémani. Enfin, en juin 1675, a lieu la « Grande Apparition », au cours de laquelle le Christ demande d’instituer une fête en l’honneur du Sacré Cœur.

350 ans plus tard, le pape François publie sa dernière encyclique « dilexit nos » qui lui est consacré.

  • Mais quelle est l’actualité de cette spiritualité qui peut sembler mièvre à certains, poussiéreuse à d’autres, voire doloriste ?

Ses racines sont en tout cas bien antérieures aux apparitions à sainte Marguerite-Marie. Ainsi, au XIIe siècle, saint Bernard de Clairvaux, le fondateur des cisterciens, s’exclame dans une prière : « Qu’il est bon d’habiter dans le Cœur de Jésus ! »  De même, au XVIIe siècle, saint Jean Eudes, prêtre oratorien fondateur des eudistes, développe le culte au Sacré Cœur de Jésus et au Saint Cœur de Marie. Mais c’est bien grâce à Marguerite-Marie Alacoque et à son accompagnateur spirituel, le jésuite Claude La Colombière, que cette spiritualité va rayonner au-delà des frontières de la France et de l’Europe. Aujourd’hui, le réseau mondial de prière du pape poursuit cette mission.

 

  • Amour et miséricorde face à la rigueur janséniste

Parallèlement, une autre mouvance a donné au Sacré Cœur une connotation politique. Des guerres de Vendée à la construction de la célèbre basilique parisienne au sommet de la butte Montmartre après la Commune, le Sacré Cœur a symbolisé la résistance des royalistes contre les républicains. Cette diversité ne doit pas éluder l’essentiel du message spirituel et la portée des apparitions de Paray-le-Monial. À une époque marquée par la rigueur janséniste, répandre la spiritualité du cœur de Jésus, c’était mettre l’accent sur la miséricorde et l’amour, plutôt que sur le péché et les pénitences. Dans les Évangiles, Jésus ne se présente-t-il pas comme « doux et humble de cœur », invitant ses disciples à déposer leur fardeau et à se reposer sur lui (Mt 11, 28-29) ? N’est-ce pas aussi de ce « côté » du crucifié, transpercé par la lance du soldat, d’où jaillissent du sang et de l’eau, c’est-à-dire la vie, sur la croix (Jn 19, 34) ?

 

  • « Voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes »

« Vivre de la spiritualité du Sacré Cœur signifie que la porte d’entrée de ma relation au Christ, au monde, la manière de mettre en œuvre ma foi, mes activités, ma prière… débutent par cette relation au cœur », témoigne sœur Noëlle Favet, religieuse du Sacré Cœur, une congrégation ignatienne tournée vers l’éducation et la formation. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’accomplir des pratiques pour accueillir l’amour du Christ et le partager, mais de « nous laisser travailler par son esprit pour apprendre de lui ses manières de faire, de regarder notre monde, nos relations et nos engagements. C’est bien plus profond qu’une dimension affective. L’image du cœur nous invite à nous laisser transformer dans toutes nos dimensions, nos manières de réfléchir, de décider… d’aimer aussi ».

En 1957, en conclusion du Congrès mondial de l’apostolat des laïcs à Rome, le cardinal Montini, futur pape Paul VI, eut cette prière : « Nous aimerons ceux qui nous sont proches, ceux qui sont éloignés de nous. Nous aimerons nos amis, (…) nos ennemis. Nous aimerons les catholiques, nous aimerons les schismatiques, les protestants, les anglicans, les indifférents, les musulmans, les païens, les athées. (…) Nous aimerons avec le cœur du Christ. »

Le grand message de Paray est le message d’amour de juin 1675 : « Voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. »

Des propositions simples :

  • Lire et méditer l’encyclique du pape François : « Dilexit nos » (Il nous a aimés)

Elle est en ligne sur le site internet en intégralité.

  • Vivre l’heure d’adoration mensuelle du Saint Sacrement comme un « cœur à cœur avec Dieu »

Elles seront conclues par les litanies du Sacré-Cœur

  • Introniser le Sacré-Cœur dans nos maisons

Le 27 décembre 1673, Marguerite-Marie a la vision du Cœur de Jésus sur un trône de flammes, avec sa plaie, entouré d’une couronne d’épines et surmonté d’une croix. Jésus lui demande alors d’honorer son Cœur, dont il voulait que l’image soit portée sur son cœur et exposée. Il ajouta que « partout où cette sainte image serait exposée, pour y être honorée, il y répandrait ses grâces et bénédictions. » Cette proposition vise donc à installer dans nos foyers, une statue, icone ou image du Sacré-Cœur à placer dans un lieu « d’honneur » de nos maisons, que l’on pourra faire bénir après les messes. Sainte Marguerite Marie elle-même était très attachée à cette pratique : « [Jésus a fait connaître que] comme Il est la source de toutes bénédictions, il les répandrait abondamment dans tous les lieux où serait honorée l’image de ce Sacré-Cœur. Il réunirait les familles divisées par ce moyen et protégeraient celles qui seraient en quelque nécessité. Il répandrait cette suave onction de sa charité dans toutes les communautés religieuses où Il serait honoré, et lesquelles se mettraient sous Sa particulière protection ; qu’Il en tiendrait tous les cœurs unis, pour n’en faire qu’un même avec Lui. »

  • Intronisation d’une statue du Sacré-Cœur à la cathédrale

Pour marquer communautairement notre démarche, une statue du Sacré-Cœur de Jésus sera placée à l’honneur et à la dévotion des fidèles dans la cathédrale dimanche 25 janvier, jusqu’au 12 juin prochain.

  • Des neuvaines à l’image du Sacré-Cœur disponibles jusqu’au 12 juin

Il s’agit d’une bougie pour accompagner notre prière, qui brûle 9 jours sans interruption, à placer à la maison ou à déposer à la cathé